La Paris Games Week ouvre ce jeudi 22 octobre à la porte de Versailles, avec des nouveautés à essayer jusqu’à dimanche. Derrière les stands, les studios français traversent pourtant une période difficile : leur situation financière se dégrade alors que les dépenses des joueurs repartent à la hausse.
- Le marché français a progressé de 2,9 % en 2025.
- 48 % des entreprises répondantes se déclarent déficitaires.
- Les achats de consoles et le mobile soutiennent les dépenses.
- La Paris Games Week se tient du 22 au 25 octobre.
Les achats de consoles et le mobile tirent le marché
Le bilan du SELL chiffre le marché français du jeu vidéo à plus de 5,8 milliards d’euros en 2025. Sa progression de 2,9 % intervient après le recul de 2024. Deux moteurs se détachent : les ventes de consoles gagnent 14 % en valeur et les jeux sur mobile progressent de 11 %.
Mais ce total additionne des dépenses très différentes : machines, accessoires et jeux, sur console, ordinateur et téléphone. Il mesure les achats réalisés en France, quelle que soit l’origine des fabricants ou des créateurs. Ce chiffre ne représente donc pas les recettes des seuls développeurs installés dans l’Hexagone.
Acheter une nouvelle console fait ainsi monter le marché sans financer directement la production d’un jeu français. De même, la croissance du mobile ne bénéficie pas automatiquement aux équipes qui travaillent surtout pour le PC ou les consoles.
Les studios français ont moins de visibilité financière
Le baromètre du CNC et du SNJV, présenté le 15 octobre, donne un autre éclairage. Parmi les entreprises ayant répondu à la question financière, 48 % se déclarent déficitaires pour 2025, contre 35 % en 2024. Autant disposent d’une visibilité financière inférieure à un an.
L’enquête a été menée au printemps 2026 auprès de 107 entreprises de développement, studios et éditeurs. Toutes n’ont pas répondu à chaque question : les deux indicateurs financiers reposent sur 100 réponses. Ils décrivent les entreprises interrogées, plutôt qu’un décompte exhaustif de chaque studio du pays.
Le secteur reste composé pour moitié de structures réalisant moins de 300 000 € de chiffre d’affaires. Beaucoup ne développent qu’un jeu dans l’année, tandis que l’accès aux financements, notamment bancaires, se complique. La hausse des dépenses des joueurs ne résout donc pas à elle seule ces besoins de trésorerie.
Une vitrine pour rencontrer les créateurs
La programmation officielle de la Paris Games Week annonce plus de trente jeux et studios français sur les 300 m² du Pavillon Game France, porté par le CNC, Capital Games et le SNJV.
Pour les visiteurs, cet espace permet de découvrir les productions et d’échanger avec leurs équipes. Le salon offre ainsi une occasion de voir ce qui se prépare derrière les grandes sorties, sans que cette exposition suffise à garantir les ventes futures ou le financement du prochain projet.























